dimanche 18 juillet 2010

Coral d'acier

Le nouvel album des Coral, Butterfly House, sixième en titre, décevra ceux qui attendaient un renouveau après trois années de désert. Le groupe anglais reproduit en effet la même recette que lors de ses deux derniers albums, The Invisible Invasion (2005) et Roots & Echoes (2007), en livrant pas moins de dix-sept nouveaux morceaux, tous également travaillés, tous de très bonne fabrique, pop psychédélique façon sixties peut-être trop parfaite pour être honnête.
Comme toujours avec les Coral, la première écoute se révèle peu convaincante. Sans doute, l’attente est-elle toujours trop forte, le résultat nécessairement en deçà des espérances. Il faut passer quatre ou cinq fois Butterfly House pour l’apprécier convenablement, si possible en espaçant les jours. C’est du moins en suivant cette méthode que nous sommes parvenus à nous en faire une idée à peu près juste.
Première découverte, cet album se distingue par l’absence de tout morceau au-dessus du lot, à la différence du dernier qui contenait un chef d’œuvre immédiatement identifiable, le remarquable Jacqueline. De fait, les morceaux mis en avant, Butterfly House (qui donne son nom à l’album) et 1000 Years (single sorti début juillet dont une version acoustique est donnée sur l’édition limitée), ne sont certainement pas les meilleurs, bien que l’un comme l’autre illustrent à merveille le style des Coral. Quel style donc ? Depuis son premier album, le groupe semble avoir résolument abandonné la veine rock qui lui avait pourtant assuré son plus grand tube (Dreaming Of You) pour emprunter la voie d’une pop psychédélique ressuscitée, faite de très belles mélodies où aux incontournables guitares et basses répondent des chœurs dignes des glorieux Beach Boys.

Seconde découverte, pas plus qu’il n’y a de chanson au-dessus de la mêlée il n’y en a au-dessous. Si nous sommes certes plus réservés à l’écoute de North Parade et Coming Through The Rye, ces morceaux n’en restent pas moins bons. En dix-sept pistes, l’exploit est de taille ! Cette absence de remplissage autant que l’homogène qualité de l’abum soulignent le grand talent de ce groupe qui, à notre humble avis, vaut bien mieux que la plupart des célébrités actuellement imposées. Il suffit d’entendre les sublimes Green Is The Colour et Walking In The Winter pour s’en convaincre. De même, de simples ballades comme Falling All Around You et Another Way ont de quoi donner du travail à tous ceux qui prétendent rivaliser dans ce domaine. N’était notre crainte de fatiguer le lecteur, nous citerions quatre ou cinq autres morceaux qui tous valent le détour.
La perfection de Butterfly House est incontestable, preuve que le génie des Coral n’a pas disparu. Mais un groupe peut-il continûment labourer le même sillon sans finir par ennuyer ? C’est toute la question qui se pose après ce sixième album. Au risque de s’enfermer dans un talentueux conservatisme, la révolution que repoussent James Skelly et les siens deviendra inéluctable.

Lucien JUDE

Images : pochette de l’album Butterfly House sorti le 12 juillet (source ici), photo du chanteur James Skelly en concert (source ici).

L’album est en libre écoute sur Spotify.Blogger

2 commentaires:

  1. Moi aussi j'aime bien les coral mais, n'ayant pas encore écouté le nouvel album, je crains un peu le virage Beach Boys...

    "des célébrités actuellement imposées" qui visez vous donc ? Pas lady Gaga quand même !

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  2. Il ne faut pas trembler ! Le virage Beach Boys est réussi. Quant aux célébrités imposées, il est évident que je ne vise pas l'intouchable Lady Gaga. Je vous laisse le soin de choisir.

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