Le dernier
film de Martin Scorsese, encensé par une certaine critique, ne cesse d’être battu en brèche ces derniers jours. On lui reproche notamment de manquer de dynamisme,
le comble pour un thriller. Les délateurs de Shutter Island semblent néanmoins
confondre thriller et film d’action de bas étage. En effet, outre que l’action
est assez haletante — du moins pour votre humble servante — entre l’ouragan,
l’escalade de la falaise, l’agression du fou, les rats etc., le personnel
hospitalier, rudement bien campé, en particulier par Ben Kingsley, crée une
atmosphère des plus angoissantes (et que demander de plus à ce genre de
film ?). Enfin, faut-il forcément crier au scandale lorsqu’un film se
psychologise un tantinet ? Voilà, parce que Shutter Island, c’est plus
qu’un bête film d’action, c’est aussi un drame, ou plutôt une
tragédie, psychologique. Quant à la fin, elle est surprenante, c’est
vrai : tant mieux. Et tragique : encore mieux. D’autant que bien des
interprétations restent possibles, ce qui change agréablement de la baston où
les tout méchants sont tués par les tout gentils.
S’il est un reproche que l’on
peut faire objectivement, c’est de n’avoir pas lésiné sur la musique
d’ambiance, et ce avant même que les premières images n’apparaissent à
l’écran. Pour autant, cette critique s’estompe rapidement, car on pénètre très
vite dans l’intériorité du héros, Teddy Daniels, et le rythme fracassant de la musique
correspond tout à fait à l’enfermement psychologique progressif qu’il subit…
Enfin, un
dernier mot en faveur de ce grand film : Leonardo Di Caprio y est
brillant, loin des clichés dus à ses personnages précédents de jeune premier.
LOULOTTE
Image : le psychiatre en chef de Shutter Island (Ben Kingsley), le Marshal Chuck Aule (Mark Ruffalo) et le Marshal Teddy Daniels (Leonardo Di Caprio) (source allociné).
