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lundi 9 novembre 2009

Impressions sur Renoir

« Paris est bon enfant. Il accepte royalement tout ; il n'est pas difficile en fait de Vénus ; sa callipyge est hottentote » 
Victor Hugo.

Dimanche soir, nous sommes passés, L. Jude et moi, voir Renoir au Grand Palais. Une nocturne sans grand monde, très agréable, ça changeait des foules pour Courbet ou Picasso.
« Exposition Renoir au XXème siècle » car, principalement, ce sont les oeuvres de la dernière partie de sa vie qui y sont présentées. Une quinzaine de salles, avec des tableaux sans sujet et non-littéraires, au contraste appuyé, donnant une forte impression de relief. Des scènes du quotidien dans les premières salles, notamment de très belles jeunes filles au piano dans un intérieur bourgeois, par ailleurs un peu étouffant.
Heureusement arrivent les décors champêtres, paysages du sud de la France (Cagnes), et le coeur de l’exposition : les nus. Renoir peint des femmes replètes, dans des décors champêtres pastels, le plus souvent pourvues de visages poupons très roses, presque rouges, et d’une serviette qui ne voile rien (et qui justifie souvent ce titre ô combien poétique : « femme s’essuyant »). Cette carnation du visage, cette rougeur des joues (qui ne ressemble pas à de la timidité) ne sont pas sans rappeler les nourrissons repus après l’allaitement (il y a une belle peinture de Renoir sur ce thème : joues roses et lèvres gonflées), après ce que Freud qualifierait de jouissance orale. L’air béat des jeunes femmes aux faces callipyges, nous donnent l’impression, elles aussi, d’une jouissance. 

Mais la féminité s'efface salle après salle, les nus gagnent en proportion, deviennent imposants, il ne reste bientôt plus que des formes rondes confondues avec la nature qui les entoure et qui nous font penser à des Vénus de Willendorf. Quelques artistes sont d’ailleurs présents pour faire le pendant (le « contrepoint » comme on dit) et rappeler l’influence considérable de Renoir sur leurs œuvres : Picasso, MatisseBonnard... Renoir voulait embellir les femmes qu'il peignait, c'est réussi ; la boutique est d’ailleurs là pour nous le rappeler, le catalogue est à 49 euros…

GV

« Renoir au XXe siècle », jusqu’au 4 janvier 2010 au Grand Palais.

Images : autoportrait de Renoir (source ici) et une Baigneuse (source ici).
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