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mercredi 23 décembre 2009

Pin-up du mois : Leni Riefenstahl


Danseuse, actrice, réalisatrice et photographe allemande, Leni Riefenstahl (1902-2003) fut renommée pour son oeuvre comme pour sa beauté. Malgré ses attaches au classicisme sa réputation a été durablement entachée par certaines prises de positions jugées par trop avant-gardistes dans les années 30-40.
Sa naissance même est obscure, certaines sources en faisant la fille d'un fonctionnaire féru de poésie et d'autres d'un entrepreneur en plomberie. Il est au moins certain qu'elle entra à la fin de la première guerre à la Kunstakademie de Berlin tout en suivant des cours de danse. Elle participera d'ailleurs à diverses tournées en Allemagne et à l'étranger et sera engagée entre autre par Max Reinhardt au Deutsches Theater de Berlin.
En 1926, débute pour elle une carrière d'actrice à succès de "films de montagne", un genre grotesque, mais qui draine les spectateurs et lui donne l'occasion de s'adonner au ski et  à l'alpinisme.
En 1932, cette jeune femme ambitieuse lance sa propre agence et co-réalise son premier film La lumière bleue, une bluette pleine de bons sentiments qui émouvra aux larmes le futur chancelier allemand, le fameux peintre Adolf Hitler. Celui-ci lors de son long mandat (1933-1945) initiera une politique volontariste dans le domaine des arts - comme dans d'autres domaines plus contestés - et fera de notre héroïne la cinéaste quasi-officielle du régime. Elle réalisa alors quelques grands chefs d'oeuvres (Victoire de la Foi, Triomphe de la Volonté ou Les Dieux du Stade) qui lui vaudront foultitude de médailles et récompenses allemandes et italiennes.
Il est intéressant de constater que dès cette époque, la belle Léni, dans ses réalisations, fait montre des préoccupations qui l'accompagneront pendant toute sa carrière : la recherche de la beauté nue et totale, qu'elle dévoile pleinement dans les corps dénudés et athlétiques, sculptés ou vivants. Un idéal esthétique qu'elle représente elle-même à la perfection lorsqu'elle apparaît à l'écran : blonde et belle jeune femme, au corps sportif, débordant d'énergie et rayonnant de santé, elle incarne alors une beauté très classiciste, presque douloureuse, par l'exacerbation même de ce caractère athlétique. Une impression accentuée encore par son visage plein aux traits  harmonieux, rehaussé par le beau front bombé et harmonisé par un nez aquilin qui sépare l'ovale troublante des yeux.
Notons que malgré des rumeurs tenaces, elle nia toujours avoir jamais cédé aux avances du Chancelier ainsi qu'à celles de son ministre de la culture, le sémillant Herr Goebbels. Il est vrai qu'elle nia également sa vie durant avoir jamais soutenu le régime nazi, prétendant même en ignorer les lubies hygiénistes, ce qui, de l'avis de la plupart des témoins de cette période, paraît franchement douteux.
La fin de la guerre aurait pu la placer dans une position délicate si elle n'avait pas bénéficié de la compréhension indulgente des autorités françaises d'occupation et de l'appui de Jean Cocteau (un cocktail, des cocteaux). Las, usée par les querelles des milieux du cinéma, et les procès à répétition concernant ses figurants piochés dans les camps de concentration, elle décide de se consacrer à la photographie - domaine qui y gagnera de sublimes images de sauvages du Soudan et de fonds sous-marins…
Elle meurt centenaire et admirée.
Bruno FORESTIER

Images : Leni Riefensthal (source ici), ici en compagnie du fameux peintre Adolf Hitler (source ici) et son portrait au début des années 30 (source ici).
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